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Chronique à la une
Neurosis  -  The Eye Of Every Storm
Groupe : Neurosis
Album : The Eye Of Every Storm
Genre :
Année : 0000
Label :
Pays :
Durée : 0000-00-00
Remarques :
Auteur : Stryg
Note : 6/6


Groupe :Neurosis
Album : The Eye Of Every Storm
Genre : Post Rock / Doom Core
Année : 2004
Label : Neurot records
Pays : Etats-Unis
Durée : 68 minutes


Tracklist :

1 - Burn
2 - No River To Take Me Home
3 - The Eye Of Every Storm
4 - Left To Wander
5 - Shelter
6 - A Season In The Sky
7 - Bridges
8 - I Can See You



Certaines musiques ont une telle force sur vous, un tel impact qu?elles habitent littéralement les tréfonds de votre âme ; Telle fut mon expérience avec le dernier né de Neurosis. Musique indescriptible, magique, enivrante, planante, ce véritable chef-d??uvre arrive à libérer votre esprit du carcan qu?est votre enveloppe corporelle et le fait voyager dans une autre dimension, le met à mal, le transcende, le plonge dans un état second proche du contact avec un autre monde. A écouter, lors d?une journée d?automne malmenée, ou à écouter, plus simplement, en regardant les étoiles, Neurosis est une invitation à transgresser les lois du temps, l?entrée vers un autre univers.

Cet album se rapproche volontiers de la perfection en matière de rêveries torturées et planantes. Non seulement Neurosis est à un iota de la perfection mais il parvient à vous transporter dans leur pureté musicale ; la perfection des compositions, la justesse et l?emplacement salutaires de chaque note, dans chaque morceau, chaque instrument jouant au bon degré et à la bonne intensité ; rien dans « The Eye Of Every Storm » n?est laissé au hasard.

Le son est absolument parfait, d?une précision rarement égalée. Comme je le disais plus haut, la production est parfaite, homogène mais reste tellement forte qu?elle laisse à la fois apprécier le caractère mélancolique de l??uvre tout en restant réceptif à la brutalité des parties « doom ». L?album, pour moi du moins, ne comporte nullement huit pistes mais une seule qui représente la pureté créatrice du dernier Neurosis. Chaque titre est une nouvelle aventure mais l?album est une histoire, une vie à elle seule. Les guitares sonnent « doom », la batterie légère mais technique, accompagne parfaitement celle-ci, la voix de Scott Kelly est parfaite pour les ambiances lourdes, une voix proche de l?agonie, entre la tourmente et la rêverie. Sont également à noter des « instruments » non conventionnels pour le style « metal » à savoir des bruits crées à base de synthétiseurs (ou autres) qui apparaissent dans le livret sous le nom de « textures », « filtres », « atmosphères » ou encore « space », c?est-à-dire des samples discrets qui donnent à l?album toute une autre dimension?

Je l?ai dit plus haut, « The Eye Of Every Storm » de Neurosis est une histoire, un univers à visiter, que l?on découvre sous de nouveaux aspects à chaque écoute. Chaque titre à son âme toute particulière distillant son aura, la diffusant dans notre corps, notre esprit ; « Burn » débute par un tempo ternaire, mais paradoxalement léger, s?accentuant au fil des minutes, la voix de Scott Kelly gagnant en intensité, puis un long passage crée à base de samples originaux, donnant l?impression de flotter dans l?espace au gré de la voix du leader de Neurosis. « No River To Take Me Home » débute de manière moins radicale par un solo de guitare dans les graves (me faisant penser à du slow doom), se laissant transformer en une balade torturée et prenante. « The Eye Of Every Storm » véritable chef-d??uvre de douze minutes est une ode à la déprime, crées de samples toujours aussi intenses et discrets, d?une batterie régulière mais lente et lourde, puis comme toujours Scott Kelly amène son grain de sel afin d?accentuer l?intensité maladive de votre voyage astral. « Left To Wander » est un morceau que je qualifierai de plus « avant-gardiste » tant la création musicale prend un sens si particulier?piano, guitare acoustiques, voix enivrantes et chaudes? « Shelter » reste l?un des plus courts morceaux de l?album mais quel titres : une guitare acoustique jouant un air de balade pendant près de deux minutes puis une partie « doom » fait son apparition, vous enterrant pour de bon. « A Season In The Sky » le plus beau morceau de l?album commençant comme toujours comme une balade anodine mais déprimante à la guitare acoustique, pour se terminer comme le chant d?un suicidaire. Morceau transcendant, immortel? « Bridges » est un autre long morceau de douze minutes qui semble faire comprendre que la fin est proche par sa fin explosive concluant une longue introduction calme et désespérée. Pour finir ce véritable petit bijou, j?ai nommé « I Can See You » un grand morceau d?émotion débutant presque « joyeusement » mais se faisant sentir torturé dès les 2:44 avec cette guitare jouant cet air nostalgique nous faisant vivre avec nos souvenirs les plus profonds?

Neurosis, bien que radicalement différent de formations dépressives comme Xasthur, Nargaroth ou encore Burzum, réussit à me faire vivre dans une tourmente sans nom, réussit à me faire rêver?

Un chef d??uvre absolu?