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Chronique à la une
Dark Funeral - Diabolis Interium
Groupe : Dark Funeral
Album : Diabolis Interium
Genre : Satanic Black Metal
Année : 2001
Label : No Fashion Records
Pays : Suède
Durée : 36:00
Remarques :
Auteur : S.
Note : 5/6
Tracklist :

1 - The Arrival of Satan's Empire
2 - Hail Murder
3 - Goddess of Sodomy
4 - Diabolis Interium
5 - An Apprentice of Satan
6 - Thus I Have Spoken
7 - Armageddon Finally Comes
8 - Heart of Ice


Diabolis Interium…que de souvenirs nostalgiques, cet album figure parmi les premiers m’ayant fait découvrir le Black Metal, il y a de cela déjà 8 ans. A l’époque, cette musique irrésistiblement malsaine m’avait envoûté comme jamais, à peine pouvais-je concevoir l’existence de sonorités si extrêmes dans l’univers musical. Les années ont passé, mais la flamme est restée originelle, les sensations sont aussi vives qu’aux premiers instants, preuve en est que cet album n’a pas vieilli. Troisième châtiment des suédois après le prometteur « The secrets of the black arts » et l’exceptionnel « Vobiscum Satanas », la tâche semblait ardue avec ce nouveau cru, « Diabolis Interium ». Par rapport au précédent opus, la production gagne en clarté, sans pour autant tomber dans des sonorités lisses et insipides, bien au contraire ; ce mur auditif bâti par les incisives guitares et ce rythme effréné est tel un magma consumant tout sur son passage. Dark Funeral fait partie des rares formations à parvenir à créer une musique dont je ne crains pas de qualifier de « satanique », bien au-delà du simple acte parolier. Cette ambiance est un amalgame d’éléments convergeant tous vers un seul et unique but : recréer l’atmosphère du monde des flammes éternelles, telle qu’on la conçoit dans l’imaginaire collectif. Pour arriver à ses fins, le quatuor suédois s’emploie à produire des riffs d’arrière-plan dans les tons du tragique, du grave, pour retranscrire un climat de terreur, auquel il ajoute des notes aussi tranchantes que l’expédition punitive du grand cornu. Le tout est soutenu par un jeu de batterie épileptique, convulsant votre corps au bon gré de la volonté de Matte Modin. Enfin, l’ensemble est sublimé par les cris possédés de Emperor Magus Caligula, autant dans les aigus (métaphore des âmes torturées ?) que dans les graves (métaphore des incantations du Malin ?).
Le concept pourrait sans doute prêter à sourire quand on s’attarde à regarder les titres des morceaux, l’imagerie de l’artwork, jusqu’à l’accoutrement même des quatre individus ; pourtant, ce grand ensemble forme un tout bien cohérent, qu’on ne pourrait leur reprocher. Caricatural ? Peut être. Néanmoins, Dark Funeral nous offre avec ce Diabolis Interium un album de haute volée, probablement l’un des derniers excellents crus ; les récentes sorties ne m’ayant que moyennement convaincu, mais qui sait, on n’est pas à l’abri d’une inattendue bonne surprise.